Les réseaux intelligents permettront-ils une réduction de la facture électrique pour les consommateurs ?

Une étude mondiale d’Accenture (sur 9000 consommateurs dans 17 pays) intitulée « Understanding Consumer Preferences in Energy Efficiency » montre que 46% des personnes interrogées ne participerait pas à un dispositif de gestion de l’énergie car cela augmenterait leur facture électricité.

Et pourtant, l’argument souvent invoqué pour faire accepter aux particuliers la pose de compteurs intelligents est la possibilité de gérer sa consommation d’énergie pour dépenser moins d’argent. Autrement dit, les réseaux et compteurs intelligents nous permettraient de faire des économies.

Cela est-il vrai ?

Pour tenter de comprendre l’impact de l’installation des smart grids et des smart meters, commençons par comprendre comment se décompose le prix de l’électricité pour les particuliers aujourd’hui. Il est de 0,12€/kWh. Le tarif de l’électricité a trois composantes : la fourniture de l’énergie (40%), son acheminement (33%), et les taxes et autres contributions (27%). Chaque composante est déterminée par les pouvoirs publics et s’impose pour les tarifs réglementés.

La fourniture

La décomposition de la structure de coût de la partie fourniture explique la différence entre le tarif réglementé et l’offre à prix de marché avec notamment les coûts de commercialisation et la marge nette dégagée.Le détail des frais entrant dans la composition de la fourniture de l’électricité est le suivant:

  • le coût complet de production de l’électricité par les centrales, investissements et charges de fonctionnement, dont les coûts d’approvisionnement : combustible, personnel, autres frais de fonctionnement,… Ce sourcing électricité correspond à 70% du prix de la fourniture. Les tarifs réglementés de la fourniture d’électricité sont fixés chaque année par décret en Conseil d’État, après avis de la CRE et de l’Autorité de la concurrence.
  • Les différents markup couvrant différents risques comme la thermosensibilité des clients, soit 10-15% du prix de la fourniture
  • les coûts de commercialisation (marketing, gestion de clientèle…) et la marge nette du fournisseur d’énergie, soit 15-20% du prix de l’électricité

L’acheminement

Après avoir été produite, l’électricité est acheminé via le réseau de transport géré par RTE (lignes à très haute ou haute tension) le réseau de distribution d’ERDF (lignes à moyenne et basse tension).

Les fournisseurs d’énergie reversent une partie de la facture d’électricité aux gestionnaires de réseaux : RTE, ERDF ou des entreprises locales de distribution (ELD). Le tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité (Turpe) est déterminé en fonction de plusieurs coûts :

  • les coûts de gestion et d’exploitation des réseaux publics
  • les coûts de maintenance, de sécurisation et de développement des réseaux publics ;
  • les coûts de recherche et de développement nécessaires à la sécurisation des réseaux et à l’accroissement des capacités des lignes électriques.

La fiscalité et autres taxes (27%)

Plusieurs taxes ou contributions s’appliquent :

  • La contribution tarifaire d’acheminement (2%) : cette contribution doit permettre notamment le financement des droits spécifiques du régime spécial de l’assurance vieillesse pour le personnel des entreprises électriques et gazières.
  • La contribution au service public de l’électricité (4%): elle est destiné à financer les charges liées à la mission de service public de l’électricité. Ces charges prennent en considération les surcoûts liés aux obligations d’achat des énergies renouvelables, les surcoûts de production dans les zones non interconnectées (dans les Dom et en Corse par exemple), et enfin les charges résultant des dispositifs d’aide aux clients démunis (tarif de première nécessité…). Son montant est de 4,50 €/MWh au 1er août.
  • La TVA (14%): elle s’applique sur l’abonnement, la consommation, les prestations, les taxes locales et la contribution tarifaire d’acheminement (CTA).
  • Les taxes locales (7%): elles sont prélevées pour le compte des collectivités locales.

Ce détail de la décomposition du prix de l’électricité nous permet maintenant de voir avec précision où se répercutera le surcoût lié à la mise en place du compteur communicant Linky.

Le coût du déploiement des compteurs communicants

Aujourd’hui en France, le coût de mise en place du compteur communicant Linky (35 millions de foyer d’ici 2021) devrait s’établir entre 4 et 8 milliards d’euros. Ce surcoût devrait alors impacté le coût de l’acheminement. Mais ERDF assure que le financement sera assuré par les économies réalisées par les gestionnaires de réseau et les économies d’énergie. Or le Turpe (Tarif d’utilisation du réseau public d’électricité) est la véritable manne financière permettant de financer le projet Linky. Les opérateurs répercuteront probablement l’augmentation de cette taxe sur la facture électrique. Finalement, les consommateurs payeront bien le déploiement des compteurs intelligents via le Turpe. L’avenir nous dira à combien s’élève l’augmentation de cette taxe.

Il reste maintenant à savoir si cette augmentation de la facture d’électricité sera supérieure ou non au 5-15% d’économie d’énergie (donc d’économie d’argent sur la partie consommation de sa facture électrique) promis aux consommateurs par le biais des compteurs intelligents, compteurs qui devraient permettre, indirectement, de gérer mieux sa consommation d’énergie.

Nous saurons véritablement si les réseaux et compteurs intelligents nous permettront de faire des économies d’argent ou non quand nous aurons une meilleure vision des prix des systèmes de gestion de l’énergie résidentielle à venir.

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La création des premiers réseaux électriques

Avant même de parler des réseaux électriques intelligents, peut-être faudrait il d’abord expliquer ce qu’est un réseau électrique et comment les réseaux électriques que nous avons tous connu ont vu progressivement le jour.

Un réseau électrique est à minima constitué d’un centre de production électrique et d’un point de consommation, eux-mêmes reliés par des lignes électriques. Ces dernières sont connectées entre elles par les postes électriques, postes dans lesquels se trouvent les transformateurs électriques. Un réseau électrique permet de gérer l’équilibre entre la production et la consommation d’électricité.

Il a fallu attendre la fin du XIXe siècle pour voir apparaître les premiers réseaux électriques car les technologies de production et de liaison n’étaient pas encore matures.

La dynamo à l’origine des premiers réseaux électriques

L’invention de la dynamo par Gramme en 1869 marque le début de l’ère des réseaux électriques. C’est en 1881 lors de l’Exposition Internationale d’Electricité de Paris qu’apparaît la première installation de distribution d’énergie électrique alimentée par 2 dynamos. Les premiers réseaux électriques apparaissent alors simultanément en 1882 à New York (1200 ampoules d’Edison, fondateur de l’Edison Electric Light Co qui deviendra General Electric) et Bellegarde, en France. Leurs caractéristiques : des réseaux utilisant du courant continu et très limité car l’acheminement de l’électricité n’est possible que sur une petite distance.

Entre courant continu et courant alternatif

À cette période les premières expérimentations de transport de l’énergie électrique se développent à partir du courant continu. Ce sont cependant des échecs relatifs car elles ne permettent pas le transport à grande échelle. En parallèle du courant continu apparait le courant alternatif inventé par Lucien Gaulard. Avec Nikola Tesla, inventeur de l’alternateur, George Westinghouse, ingénieur et entrepreneur américain, promeut le courant alternatif triphasé dès 1891. Les deux technologies s’opposent alors avec une vive critique d’Edison sur le risque du courant alternatif en haute tension pour les êtres vivants.

En 1896, la mise en service de la première ligne industrielle en triphasé fut un succès total : le courant alternatif triphasé sera alors LE moyen de transport de l’énergie électrique.

Les villes s’électrifient…

A la fin du XIXe et au début du XXe siècle, des compagnies d’électricité se créent progressivement pour servir l’électrification des tramways, des métros et des chemins de fer ainsi que de l’utilisation de l’électricité par les ménages. Ces opérateurs construisent des centrales électriques et de petits réseaux locaux.

…et s’interconnectent avec les campagnes

Dans la première moitié du XXe siècle les réseaux urbains des pays industrialisés se sont agrandis afin d’électrifier les campagnes. Pour des soucis d’économies d’échelle et de valorisation des ressources géographiques en fonction de leur localisation, des réseaux se sont interconnectés entre eux au niveau régional. Cela a permis aussi de palier à certaines pannes.

Plusieurs difficultés rencontrées pour le développement des réseaux électriques

Les compagnies d’électricité utilisaient des fréquences et des niveaux de tension différents. Or pour permettre une interconnexion des réseaux, il faut adopter une fréquence unique. Finalement 2 standards de fréquence voient le jour : 50 Hz pour le monde entier excepté le continent américain avec ses 60 Hz.

L’héritage du passé avec des infrastructures conçues pour durer plusieurs dizaines d’années posèrent un problème. En effet, si l’électrification des campagnes était aisée du fait de l’absence de tout réseau antérieur et donc la mise en œuvre immédiate des standards du moment (en termes de tension et de fréquence), cela n’était pas le cas pour les villes. Ces dernières étaient dotées de réseaux non interconnectables, conduisant à la multiplication des câbles. Les réseaux en courant continu ont ainsi subsisté très longtemps localement : jusque 1965 à Paris, et 2007 à New York!

Un problème de coût a aussi freiné le développement des réseaux électriques. Pour mettre fin à ce problème, le système des concessions de service public est créé. Les contrats de concession permettaient aux communes de confier à d’autres sociétés la construction des infrastructures électriques. Ces sociétés étaient gagnantes car elles pouvaient alors exploiter le réseau donc obtenir des redevances liées à cette exploitation.

Nous verrons dans un prochain article comment s’est construit le réseau électrique français !

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Introduction aux technologies des réseaux de communication pour les smart grids

La révolution des réseaux intelligents passe par une modernisation des réseaux électriques actuels. Pour cela, des infrastructures de communication récentes sont progressivement installées sur le réseau électrique actuel reliant les réseaux de production, la transmission, la distribution et la consommation. A chaque partie du réseau électrique, on associe un système de communication particulier. On a ainsi :

- Le LAN (Local Area Network) : le LAN est généralement utilisé pour transmettre des données aux points sensibles du réseau comme le cœur des centrales ou opérateurs électriques

- Le WAN (Wide Area Network) : le WAN est employé pour transférer les données du réseau électrique sur de longues distances pour être ensuite stockées sur des serveurs centraux (cloud computing) ou pour communiquer le long des lignes de transmission

- Le FAN/AMI (Field Area Network/Advanced Metering Infrastructure) : il a une portée plus faible que le WAN et il est utilisé pour le réseau de distribution

- Le HAN (Home Area Network) : il assure les communications au niveau des lieux de résidence et autres bâtiments commerciaux.

L’infrastructure FAN/AMI

L’AMI est un système capable de collecter, de mesurer et d’analyser l’utilisation de l’énergie grâce à l’envoi d’informations sur un réseau de communication bidirectionnel qui relie les systèmes de contrôle des opérateurs et les compteurs intelligents. L’AMI permet l’échange d’informations entre les utilisateurs finaux et les opérateurs d’énergie. L’AMI est constitué d’un compteur intelligent remplaçant les anciens compteurs qui ne peuvent pas communiquer, et du réseau de communication nécessaire pour transporter les données générées par le compteur. La connexion entre le compteur intelligent et le WAN qui est connecté à l’opérateur est établie grâce à l’AMI. Plusieurs technologies pourraient être déployées pour assurer une infrastructure de communication efficace sur le réseau AMI/FAN :

- Le RF Mesh Network : chaque compteur intelligent constitue un nœud du réseau qui peut potentiellement transporter l’information. Ainsi, si un des nœuds est cassé, il est possible de trouver facilement un autre chemin. Pour des questions de protection des données, l’information est cryptée, ce qui empêche que les compteurs intelligents d’une personne puissent lire les données récupérées puis transmises par un autre compteur. Cependant, si la quantité de données à transférer est trop importante, les technologies Wi-Max ou la fibre optique serait plus intéressantes.

- Le WIFI est plus coûteux et nécessite beaucoup trop d’énergie pour relier des réseaux ruraux ou des compteurs isolés. En milieu urbain, le WIFI serait beaucoup plus efficace et rentable car le réseau est plus dense.

L’infrastrucure WAN

La limite entre le WAN et le FAN est parfois confuse mais globalement, le WAN est utilisé pour transférer des données sur de longues distances comme les lignes de transmission, donc la quantité de données transférées est plus importante. Les opérateurs électriques pourraient soit procéder à l’installation de réseau sans fil entre les compteurs intelligents et les multiples nœuds sur les réseaux de distribution et de transmission, soit demander aux opérateurs téléphoniques de bien vouloir leur louer leur réseau de communication 3G et 4G, notamment des fréquences non encore utilisées.

Plusieurs technologies pourraient être déployées pour assurer une infrastructure de communication efficace pour le WAN :

- Le 4G ou LTE (Long Terme Evolution) : il s’agit d’une technologie bon marché déjà soutenue par une majorité d’opérateurs téléphoniques. Sa capacité de couverture est très élevée et il peut supporter un très grand nombre de nœuds.

- Le Wi-Max : comme il couvre une large zone, qu’il est considéré comme plus fiable et plus sécurisé que d’autres technologies, on pourrait vraiment considérer le Wi-max comme la technologie pouvant supporter le WAN. Le véritable problème concerne le milieu urbain car  les grands édifices pourraient perturber les transmissions par radiofréquences. Cela remet en cause l’idée de déploiement simple et à bas coût.

- Le Broadband over Powerline (BPL) : son installation est beaucoup plus chère que celle de la technologie 4G ou le Wi-Max. Cependant, il s’agit de la seule solution adaptée au milieu rural ou isolé.

- La fibre optique : la fibre optique permet d’atteindre des hauts débits, mais l’investissement serait trop important pour la mise en place du réseau.

L’infrastructure HAN

Le HAN est un système permettant d’avoir accès aux données liées à la consommation au sein des bâtiments donc de d’y gérer la consommation énergétique. Le HAN pourrait être assimilé à un réseau intranet, un réseau permettant de rassembler des informations particulières. Plusieurs composants constituent cette infrastructure :

- Le portail du réseau qui connecte les informations extérieures au réseau (= les données du AMI/FAN) au HAN grâce au compteur intelligent qui envoie les données de consommation

- Les nœuds du réseau : il s’agit là des points d’accès à la consommation énergétique individuelle de chaque appareil électrique de la maison. Il peut s’agir là des prises électriques intelligentes capables de communiquer avec les appareils électriques et de recueillir les données nécessaires. Une alternative serait des puces RFID implantées dans chaque appareil et capable de communiquer directement avec le compteur intelligent.

- L’opérateur système du réseau ainsi que les différents logiciels de gestion. Plusieurs systèmes sans fil pourraient connecter les compteurs intelligents aux HAN. La question est de savoir quel type de bande passante serait plus étroite et moins consommatrice d’énergie ? Plusieurs technologies pourraient faire l’affaire :

  •  le WIFI : le sans fil le plus utilisé aujourd’hui dans les domiciles est le WIFI. Mais la norme WIFI doit faire face à l’émergence sur le marché du HAN de deux technologies intéressantes, détaillées ci-après
  • le Zigbee : ce réseau sans fil à courte portée possède déjà de nombreux logiciels adaptés aux réseaux de type Mesh avec de nombreuses applications permettant le contrôle et la gestion résidentielle. Cette technologie est simple et peu coûteuse comparée à des technologies comme le Bluetooth ou le WPAN. Elle a aussi un niveau de latence très faible (activation en 15 ms contre 3s pour le Bluetooth). Cependant la technologie Zigbee a une portée très courte (moins de 10 m) et peut souffrir d’interférences avec le WIFI. Il faudra cependant que le canal de communication soit bien choisi afin d’éviter au maximum les interférences. Ce standard est soutenu par une organisation certifiant des produits déjà fabriqués avec la technologie Zigbee.
  • le Z-Wave : il s’agit là de la technologie directement concurrente de la technologie Zigbee. La technologie est plus simple que la norme Zigbee, cependant la bande passante est aussi plus faible. Ce standard est déjà soutenu par la Z-Wave Alliance.
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L’alliance entre Honeywell et Opower ou le début d’une vague d’intégration verticale

Honeywell et Opower commencent une collaboration pour développer des outils de gestion de l’énergie de nouvelle génération. L’objectif est de permettre aux consommateurs de réduire leur consommation d’énergie en leur donnant tant un accès à l’information sur leur niveau de consommation qu’à des systèmes de contrôle de leur consommation.

Deux sociétés leaders dans leur domaine

Opower est le leader sur le marché des logiciels donnant des informations sur la consommation d’énergie de chacun. Grâce à des analyses de données et de comportement des consommateurs, la plateforme d’Opower permet aux utilities de fournir certaines données énergétiques à leurs clients ainsi que des conseils afférents. Et cela pour favoriser un engagement des consommateurs vers une meilleure consommation de l’énergie.

Honeywell est un expert reconnu  dans l’automatisation et le contrôle des systèmes au sein des bâtiments, des foyers et des industries.

Comment ?

Ces deux sociétés vont mettre en place une plateforme permettant de mesurer et analyser la consommation d’énergie grâce notamment à un thermostat pour contrôler les systèmes de chaleur et de refroidissement (ces équipements correspondent à presque 50% de la consommation d’énergie des ménages). Les consommateurs pourront accéder à leurs données personnelles relatives à leur consommation d’énergie via un portail web ou une application mobile. Ils recevront aussi des suggestions concernant les moyens qu’ils peuvent mettre en œuvre pour réduire leur consommation.

L’intérêt pour Opower est de pouvoir toucher directement les consommateurs via la domotique. L’alliance Opower-Honeywell ne se contentera plus de fournir des informations aux consommateurs mais bien des moyens d’actions direct et matériel pour réduire sa consommation.

En espérant que de nouvelles intégrations se produisent pour que le marché de la gestion de l’énergie soit moins éclaté et que de véritables champions d’industrie émergent enfin.

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Le retrait de Microsoft Hohm

 

Quelques jours après l’annonce de Google de mettre fin à Google PowerMeter, Microsoft annonçait que l’arrêt du service Microsoft Hohm sera effective le 31 mai 2012.

Globalement, Microsoft a rencontré les mêmes difficultés que Google avec un manque coopération avec les utilities d’une part, et des consommateurs pas encore prêts à utiliser ce genre de service d’autre part :

- Les utilities sont les seules sociétés en mesure de donner un accès aux données liées à la consommation d’énergie des consommateurs.  Il est vrai que Microsoft avait de nombreux partenaires comme Xcel Energy, Sacramento Municipal Utility District, Seattle City Light, et Puget Sound Energy. Mais s’agissaient-ils réellement de partenaires ? Face à Microsoft, il est probable que ces sociétés ont vu comme une menace pour leurs relations clients voire une tentative de Microsoft de courcircuiter les utilities en s’adressant directement aux consommateurs.

- Certes cette interface de gestion de l’énergie suscitait un intérêt certain mais seulement à court terme. Au final peu de consommateurs ont souscrit à ce service contrairement aux prévisions de Microsoft. D’ailleurs Peu de consommateurs connaissent l’existence de systèmes de gestion de l’énergie. Il était peut-être encore trop tôt pour lancer un tel service.

D’autres éléments peuvent être avancées pour expliquer un tel échec.

L’absence de standards

Si aujourd’hui l’interopérabilité et la mise en place de standards pour le comptage intelligent constituent un objectif, cela n’était pas le cas au lancement d’Hohm, bien au contraire : la diversité des systèmes de comptages et des formats de données n’a pas facilité la formation d’une interface permettant de collaborer avec toutes les utilities.

La stratégie trop ambitieuse d’un géant en quête de nouveaux marchés

Le projet Hohm était un projet trop ambitieux dans le contexte actuel, à savoir le manque d’information  des consommateurs sur l’existence des réseaux intelligents. Microsoft souhaitait faire d’Hohm une plateforme opérationnelle tant pour les voitures électriques que pour les foyers, les appareils électriques ou encore les bâtiments. Avant de se lancer dans un tel chantier, Microsoft aurait probablement dû voir à plus court terme en se focalisant d’abord sur des démonstrateurs.

Hohm constitue un projet d’un géant de l’informatique sans réel business model. La priorité de ce type de projet innovant reste le retour sur investissement. Après deux ans, Microsoft a probablement souhaité centrer sa force de frappe de R&D  environnementale sur un projet plus avancé donc rentable à termes : les voitures électriques.

A suivre : Microsoft pourrait se contenter de racheter la start-up qui aura réussi à se démarquer quand la quasi-totalité du réseau énergétique sera intelligent et donc qu’une majorité de foyer sera doté de compteurs intelligents permettant d’alimenter en données les interfaces de gestion de l’énergie.

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Google Powermeter, les raisons d’un échec

Lancé il y a 2 ans et retiré le 16 septembre 2011, Google PowerMeter était une plateforme de gestion de l’énergie sur Internet. Il s’agissait d’un outil permettant de suivre et gérer en ligne sa consommation d’énergie. Grâce à une coopération avec San Diego Gas & Electric, Google récupérait les données transmises par un compteur intelligent pour les exploiter.  Cependant, avec seulement 11 000 utilisateurs, Google n’a pas réussi à attirer suffisamment de consommateurs alors même que ce service était gratuit .

Nous allons essayer de comprendre les raisons d’un tel échec.

Le manque de collaboration avec les distributeurs d’électricité :

Les distributeurs d’électricité constituent une porte d’entrée vers les consommateurs. Sans celle-ci, il est difficile pour un nouvel entrant de pénétrer ce marché naissant. Google n’a pas réussi à convaincre les utilities de s’associer à eux. D’une part ils ne voyaient pas d’un bon œil l’entrée d’un tel géant sur leur marché. D’autre part, la mise à disposition de Google des données sur la consommation de l’énergie des consommateurs posait problème aux utilities vis-à-vis de leurs clients.

Des problèmes liés aux consommateurs :

Quand Google qui détient déjà de nombreuses données sur les internautes s’empare de données privées liées à la consommation d’énergie, il est normal que les consommateurs aient des inquiétudes : la crainte d’une utilisation suspicieuse des données personnelles était réelle. A côte de cela, le fait que Google offre un service de gestion de l’énergie était assez confusant pour le consommateur : celui-ci associe Google à Internet et en aucun cas au secteur de l’énergie.

Un secteur à ses balbutiements :

Les réseaux et compteurs intelligents n’avaient pas encore été vraiment déployés en 2009 lorsque Google PowerMeter a été lancé. Or un outil efficace d’analyse de la consommation de l’énergie doit s’appuyer sur des données en temps réel. Sans cela, les consommateurs ne peuvent pas vérifier en temps réel le résultat de leurs actions pour moins consommer. PowerMeter s’appuyait malheureusement sur des données avec 24h de décallage. Aujourd’hui encore, peu de compteurs intelligents sont installés.

Le marché de la gestion de l’énergie est très peu connu du grand public puisque les consommateurs ne connaissent pas l’existence de ce type de technologie. Si les consommateurs ne sont pas encore sensibilisés aux compteurs intelligents, comment pourraient-ils s’intéresser aux services afférents ? Peut-être aurait-il fallu attendre la démocratisation des réseaux intelligents pour lancer un tel service.

Conclusion : La réussite d’une commercialisation de services de gestion de l’énergie résidentielle passera d’abord par une forte communication sur l’existence des réseaux intelligents, par la coopération des distributeurs d’électricité sans oublier l’accès à des données en temps réel qui reste indispensable pour permettre aux consommateurs de véritablement gérer sa consommation d’énergie.

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Voltalis, une société innovante sur le marché de l’effacement diffus

Créé en 2007, Voltalis est une PME française de près de 150 salariés ayant développé sa propre innovation technologique.  Cette société est pionnière sur le marché de l’effacement, marché pour lequel le modèle économique est encore à trouver. Voltalis a mis au point un boîtier qui se fixe entre le compteur EDF et le tableau électrique pour faire de l’effacement diffus. Il s’agit d’une modulation de la consommation électrique à destination des professionnels et des particuliers. L’effacement simple s’adresse aux sites industriels ou à de gros consommateurs d’électricité : cela consiste à assurer un équilibre entre la production et la demande d’électricité. Traditionnellement, RTE (Réseau de transport d’électricité) est responsable de cet équilibre pour que l’ensemble des foyers aient accès à l’électricité. En cas de pic de demande, RTE peut soit activer des centrales thermiques (polluantes), soit importe de l’électricité (coûteux), soit procéder à des actions d’effacement, à savoir couper durant un court laps de temps l’arrivée d’électricité pour lisser la courbe de charge. L’effacement diffus est un type d’effacement qui cible une grande quantité de petits consommateurs d’électricité

Le boîtier de Voltalis, la Bluepod, stoppe par exemple le chauffage, le chauffe-eau, la climatisation en heure de pointe pendant plusieurs minutes sans impacter le confort des résidents. De cette manière, Voltalis met en avant 3 arguments de vente : le caractère économique de sa solution qui permet de réduire jusqu’à 10% de votre consommation électrique annuelle, le caractère écologique avec l’économie de 30% d’émissions de gaz à effet de serre liées à la non activation de centrales thermiques très émettrices et enfin le caractère éco-responsable du système puisqu’il contribue à la sécurisation du réseau électrique national.

Le modèle économique de Voltalis ne s’appuie pas sur la vente de son boîtier qui est facturé et installé directement dans les foyers. Le seul client de Voltalis est RTE : Voltalis revend les économies d’énergie à RTE qui préfère alléger le réseau plutôt que de produire plus car Voltalis vend les mégawattheures non consommés à RTE entre 50 et 70 euros alors que le prix du marché se situe entre 50 et 100 euros.

Aujourd’hui, Voltalis a équipé 15000 foyers et 15000 autres foyers sont en court d’installation. Leur objectif est d’implanter 300 000 boitiers en France, soit 600 mégawatts d’électricité économisés. Aujourd’hui, 7 millions de français utilisent le chauffage électrique : « Si 5 millions de foyers étaient équipés, nous pourrions économiser la production de dix réacteurs nucléaires », estime Pierre Bivas, PDG de Voltalis ».

A côté de son activité d’effacement diffus, Voltalis fournit des informations sur la façon dont l’électricité est consommée à l’intérieur de chaque logement. Voltalis pourrait donc à termes se positionner sur le marché de la gestion de l’énergie résidentiel en proposant un service de suivi et de coaching de la consommation d’électricité….Mais pour l’instant, Voltalis mise tout sur le marché de l’effacement diffus avec sa véritable innovation technologique, la Bluepod.

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Le projet MILLENER* au service du projet énergétique insulaire

MILLENER signifie Mille Installations de gEstion éNERgétique dans les îles

L’Ademe a lancé en 2009 un AMI Smart Grids sur lequel EDF SEI s’est positionné. Le projet a été intégré dans le cadre de l’Investissements d’Avenir. Il est en attente de validation…

C’est un projet sur 4 ans : le démonstrateur prévoit de déployer des écosystèmes chez des clients particuliers comme des passerelles énergétiques et des batteries de stockage associés  à des systèmes PV. Ces installations seront déployées à la Guadeloupe, en Corse, à la Réunion.

Les enjeux sont multiples : un impact comportemental de l’information sur la consommation, des gains en MDE, la pertinence du pilotage des effacements diffus, l’analyse de la valeur et définition de modèle économiques associés et l’amélioration du taux de pénétration des énergies renouvelables et optimisation du pilotage de l’équilibre du réseau.

Huit partenaires industriels travaillent sur c projet : EDR R&D, EDF SEI, Edelia, Schneider, BPLG, DeltaDore, Tenesol, Saft

Quelques chiffres : le coût global est 30,2M€ avec une partition de l’Ademe de 7,2M€

Deux grandes familles d’installations sont étudiées :

-        la configuration batteries et PV : Un système de stockage permet d’injecter une énergie PV lissée sur le réseau, de contribuer à l’équilibre du réseau (réglage fréquence, apport de puissance aux heures de pointe..), au client d’autoconsommer son énergie produite et d’être secouru en cas de panne. 500 installations sont prévues et seront réparties sur les 3 îles.

-        La configuration passerelles énergétiques : Une passerelle énergétique permet de gérer les équipements de chauffage/climatisation du client afin de diminuer sa consommation, de contribuer à l’équilibre du réseau (effacement de puissance, réglage puissance…). 1000 installations sont prévues et seront réparties sur les 3 îles.

L’ensemble des équipements mis en œuvre dans le cadre du Projet sont pilotés depuis le dispatching de l’île :

-        La plate-forme de pilotage Power SG® permet à l’opérateur de gérer globalement ou localement l’équilibre sur le réseau par :

  • La programmation des effacements de charge globale, par Poste de Distribution, par quartier, par logement ou par usage chez le client
  • La mise à contribution des batteries de stockage gérées individuellement et agrégées de façon cohérente sur l’ensemble du réseau. D’ailleurs les principales fonctionnalités du système Stockage+PV sont les suivantes : le lissage de la variabilité solaire, la gestion instantanée de la fréquence, la gestion programmée de l’équilibre offre-demande (la veille pour le lendemain), la gestion infra-journalière de l’équilibre offre-demande, le secours (réseau hors service).

-        Cette plate-forme permet de mettre à disposition de l’opérateur un tableau de bord ajusté en quasi temps réel permettant de réagir de façon efficace à l’évolution des conditions sur le réseau

-        La centralisation des données et alarmes générées par tous les équipements installés sur le réseau et chez le client final permet leur traitement et analyse de façon simplifiée

-        Un portail client permet le suivi de la consommation et la gestion du niveau de confort

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Les technologies de communication (SG Paris 2011)

Chaque intervenant de cette table ronde ont structuré leur intervention en 2 points : le challenge que soulève les problématiques de choix de technologies de communication et de transfert des données pour le smart home et le smart building.

Richard Schonberg d’IEC et Bernard Delpech d’EDF sont d’accord pour avancer que le premier challenge est celui de l’explosion et de la profusion des technologies de communication, donc de la nécessité de tendre vers des standards internationaux. Marylin Arndt d’ETSI pense que tout l’enjeu est de trouver comment faire l’opérabilité et gérer la multiplicité des standards déjà existants. Il faut bien sûr des normes accessibles par tous. Didier Guillot de Sagemcom explique cette non standardisation par le développement de protocoles indépendants avec la domotique. La standardisation de ces protocoles permettra le transport de données propres à la consommation du foyer

Ces standards pourraient être :

-        La convergence vers la radio 800 MHz. Olivier Hersent d’Actility rappelle que la technologie est certes déjà existante  mais que les bornes de fréquences sont déjà prises (exemple de la radio et des CPL). Nous nous rapprochons du problème initial de l’informatique que l’IP est arrivé et « marchait sur tout ».

-        Le protocole IP avec l’arrivée du G3-PLC (=CPL : Courant Porteur en Ligne) selon Patrick Grossete de Cisco, d’autant plus qu’il y a déjà la connectivité du protocole IP dans la maison. Le directeur général de Newron, Serge Le Men, pense qu’il faudrait essayer de modéliser tout sur système IP.  Pour Didier Guillot de Sagemcom, la convergence vers le G3-PLC n’arrivera qui si des services liés à l’exploitation des données des smart homes et smart buildings sont créés. Jean Vigneron, Chairman of the Board du G3-PLC Partners rappelle que le G3-PLC dispose des 4 grands atouts pour un système de communication : la robustesse, la grande portée, la facilité d’implantation et le faible coût. Nous sommes actuellement dans une démarche d’ouverture pour le CPL, mais pas encore de standard. Il faut que les clients considèrent que ça soit un standard graphique et  que les organismes de certification (IEEE, ETSI, Cégélec) l’adoptent. Par ailleurs, l’IP V6 va remplacer l’IP V4.

-        Des protocoles ouverts permettant à chacun de s’adapter plutôt que d’avoir un seul standard.

D’autres challenges ont été avancés :

-        La sécurité : Il faut trouver le modèle économique pour que le client ne paye pas toute la facture dû à l’interopérabilité et la sécurité selon Hervé Mary de LAN. Les données sont cryptées sur le CPL : des questions de process permettront de déterminer qui pourra utiliser ces données.

-        La transformation du métier de l’énergie en un métier qui intègre les technologies de la communication (Paul Bertrand de Watteco). Les télécoms et l’informatique ont déjà franchi le cap

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Intégration d’EnR décentralisée et intermittente grâce aux smart grids (SG Paris 2011)

La table ronde sur l’intégration d’ENR décentralisée et intermittente grâce aux smart grids fut structurée à partir de différentes contraintes, problématiques ou défis liés au sujet, et aux solutions, logiciels ou expérimentation avancés.

Mais avant cela, quelques rappels et projections ont été avancées par François Moisan, directeur exécutif de la stratégie, recherche, international de l’ADEME :

- l’éolien représente 5500 MWh en 2011 avec une augmentation de 1 GWh par an. L’objectif Grenelle est de 25 GWh d’ici 2020

- le photovoltaïque représente 1000-1100 GWh en 2011 avec une croissance de 500 MWh par an. L’objectif Grenelle est de 6,4 GWh d’ici 2020.

Plusieurs défis ont soulevés par Hervé Mignon (directeur du département du développement du réseau et des perspectives énergétiques de RTE) et liés à la problématique de l’intégration d’ENR décentralisée et intermittente grâce aux smart grids :

- un défi de type géographique : énergie décentralisée (en fonction du climat) : nouvelle zone de production. Raccorder les puissances et les acheminer

- un défi temps-client : observer et anticiper des flux nouveaux, les écarts à venir

- un défi lié aux relations avec le client final

Le directeur technique Gilles Galléan d’ERDF a mis en avant un autre défi : raccorder dans les meilleures conditions les nouvelles productions d’énergie. Le réseau moyenne tension est déjà intelligent avec des solutions autocicatrisantes. Le but est d’installer avec RTE des dispositifs pour insérer un gros producteur en quelques secondes. Selon Nouredine Hadjsaïd, professeur de l’INPG- GIE IDEA, le réseau permettra de faciliter le raccordement. La question du réglage de tension est cruciale (risque de court-circuit) et devrait être traité au niveau des fournisseurs.

Le problème principal de l’intégration des énergies renouvelables pour Jean-Marc Cachet, Smart Grid Account Director de General Electric est le coût de raccordement. La solution pour lui est d’éviter la création de nouveaux postes de raccordement en centralisant, et de créer des logiciels d’automatisation tant pour les producteurs que pour les consommateurs.

Denis Koch de Schneider Electric a lui aussi l’accent sur la problématique de coûts, mais cette fois plus au regard de la compétitivité des énergies renouvelables. D’ailleurs des progrès apparaissent dans l’éolien et le photovoltaïque avec la diminution du LCOE (Levelize cost of energy ).

La problématique de stockage est aussi très importante. Saft propose une batterie lithium-ion pour stocker la partie de la production renouvelable et pour lisser la variabilité court terme de la production d’énergie renouvelable qui est souvent intermittente. Mais comme le rappelle Michael Lippert, le marketing manager storage systems de Saft, le stockage reste cher.

3 approches sont envisageables pour Thierry Dagron, VP Business Development de Neelogy :

- Super grid avec le transport d’une grande quantité d’énergie renouvelable vers des centres de consommation (villes)

 - Micro grid avec la production et la consommation locale continue, ceci entraînant moins de perte.

- Stockage d’énergie : lithium-ion. Le management Battery System (BMS) est d’ailleurs de plus en plus complexe.

Un exemple concret de l’intégration d’ENR aux smart grids est le projet Edison de R&D au Danemark. Au Danemark, l’éolien produit quelques fois plus que la production centrale. La 1ere année, ils ont mis en place un modèle de simulation du réseau électronique de l’île, et une simulation de comportement de consommateur (recharge électrique). Malheureusement, ils ont abouti à un constat : la superposition de la courbe de charge normal et de la courbe de rechargement électrique. Pour suivre ça, le démonstrateur est doté d’une plateforme d’information avec des bornes de recharge connectée à une borne de simulation et une borne de production.

On note d’autres exemples : le projet Smart City à Londres intègre le parc éolien. En Espagne, pays qui intègre 30% d’énergie éolienne sur son réseua, le Dr Yannick R. Julliard précise que Siemens a créé le centre national de gestion du parc éolien à Séville.

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